COP 21 et marchés du carbone : qu’en est-il de la finance carbone ?

Mme Brigitte Le Ridou DussautBrigitte Le Ridou Dussaut
Formatrice consultante Finance carbone
CO 13 CONSULTING
Animatrice EFE de la formation « Les marchés du carbone et des GES« , 30 mai 2016 à Paris

La rédaction Analyses Experts : Différents systèmes d’échange de quotas d’émission de CO2 ou GES existent : pouvez-vous nous en rappeler les grandes lignes ?
Brigitte Le Ridou Dussaut
 : Le principe est simple, il repose sur celui du pollueur payeur. Différents systèmes ont été mis en place dans le monde, soit en réponse à une contrainte réglementaire (c’est le cas de l’Europe), soit sur une base volontaire. Un plafond maximum d’émissions est autorisé pour chaque participant, au-delà de celui-ci il doit acheter des quotas sur un marché à un autre participant qui, lui, a été en mesure d’émettre moins et dispose donc de quotas à vendre. Le plafond maximum général prévu dans le système ne pourra quant à lui pas être dépassé.

La rédaction Analyses Experts : Lors de la COP 21, la création d’un nouveau marché a été annoncée par la Chine : quelles évolutions de la finance carbone se dessinent ?
Brigitte Le Ridou Dussaut
 : Les marchés Carbone se multiplient dans le monde, la récente annonce par la Chine de la mise en place d’un marché national à partir de 2017 est symptomatique de cette évolution. Cependant l’essor d’un grand marché international du carbone n’est sans doute pas encore pour demain mais passe certainement par ces différentes initiatives afin de répondre « localement » à des problématiques de limitation d’émissions de GES.

La rédaction Analyses Experts : La COP 21 a également été l’occasion de mettre en avant la question de la fixation d’un prix du carbone par les États : quels en sont les enjeux ?
Brigitte Le Ridou Dussaut
 : Les pays réunis à Paris pour la COP21 ont réaffirmé la nécessité de fixer un prix du carbone élevé afin de lutter contre le réchauffement climatique. Une étude publiée récemment par l’OCDE (portant sur un groupe de pays représentant 80% de la consommation mondiale d’énergie) révèle que 60% de ces émissions ne sont sujettes à aucun prix, quel qu’il soit. Or fixer le prix du carbone est indispensable pour réduire la pollution atmosphérique, nécessaire pour permettre des décisions d’investissement et une manière d’assurer une concurrence équitable au niveau mondial entre toutes les entreprises qui auraient alors les mêmes contraintes.

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