Valorisation énergétique du biogaz : quelles perspectives de développement en 2016 ?

UCyril Lejeune
Chef des ventes gaz/biogaz
ENERIA
Animateur EFE de la formation « Produire de l’énergie à partir du biogaz », 15 et 16 mars 2016 à Paris

La rédaction Analyses Experts : Le ministère de l’Écologie a annoncé en décembre dernier une croissance de 15% du nombre d’installations de production d’électricité à partir de biogaz sur l’année : quelles sont selon vous les perspectives de développement à court et moyen terme ? Pour quelles typologies d’installations ?
Cyril Lejeune : En effet, ce bilan est intéressant et peut s’expliquer notamment par la fin du tarif actuel d’obligation d’achat ou de l’électricité produite par ces installations dans les prochaines semaines (nouveau décret définissant les nouvelles conditions).  Les porteurs de projets ont en effet pu accélérer leurs déclarations de projets avant cette échéance.
Pour la suite, les installations de plus de 500 kWél ne bénéficieront plus de l’obligation d’achat mais d’un système d’appels d’offres d’une capacité de 10 MWél par an et ce, dans un premier temps, pendant une durée de trois ans jusqu’en 2018. Alors que les installations de moins de 500 kWél pourront encore bénéficier d’un tarif d’obligation d’achat avec un tarif revalorisé (par rapport au tarif actuel)

La rédaction Analyses Experts : Dans quelle mesure le cadre réglementaire actuel est-il favorable au développement des installations ?
Cyril Lejeune : Comme évoqué dans le point précédent le cadre réglementaire actuel est en train d’évoluer et sera plutôt favorable au développement d’installations de moins de 500 kWél par le maintien du principe de l’obligation d’achat. Cela concerne donc essentiellement les installations de méthanisation à la ferme ou les petites installations de méthanisation territoriales.
S’agissant des installations de plus de 500 kWél, soumises au système d’appels d’offres, outre le fait que la capacité octroyée sera limité (10 MWél/an), nous serons dans une configuration de valeur de marché plus complément de rémunération (CR) pour l’électricité produite par ces installations. Cela implique donc un changement complet du processus de vente de l’électricité, à l’image de ce qui se fait actuellement en Allemagne. Les producteurs devront passer par un aggrégateur par exemple pour vendre l’électricité produite.
Par ailleurs, l’injection du biométhane dans le réseau de gaz naturel est un gros axe de développement national ce qui ne tend pas à favoriser le développement des grosses installations de valorisation électrique.
Enfin, il est intéressant de signaler également qu’en marge des installations nouvelles un soutien aux installations existantes a été apporté en novembre dernier par une revalorisation de l’ordre 15% du tarif de rachat de l’électricité et une prolongation de ce tarif pour 5 ans, toutes puissances confondues. Ce tarif abroge par ailleurs la prime chaleur levant ainsi un certain nombre de contraintes rendant complexes la rentabilisation de ces installations en exploitation.

La rédaction Analyses Experts : Dans ce contexte, quelles sont les conditions essentielles à la réussite d’un projet ?
Cyril Lejeune : Ce qui ressort c’est avant tout de bien maîtriser son gisement de déchets en particulier pour les installations autres que celles de méthanisation à la ferme.
Il faut également s’inspirer le plus possible des retours d’expériences disponibles en France, pour des projets comparables, afin d’en tirer au maximum les enseignements et notamment les écueils à éviter.
Enfin, la maintenance et l’exploitation de ces installations sont essentielles. Ces postes restent souvent sous estimés ce qui nuit à leur bons résultats techniques, économiques et financiers.

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