Les grands chantiers qui attendent les professionnels du développement durable

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Diapositive1Katiuscia Bellotti
Consultante formatrice
HORIZON 2025
Animatrice EFE de la formation « Chargé de mission développement durable », du 20 au 22 juin 2016 à Paris

La rédaction Analyses Experts : Selon vous, quelles sont les conséquences de la COP 21 pour les professionnels du développement durable ?

Katiuscia Bellotti : L’après COP21 s’annonce particulièrement chargé pour les professionnels du développement durable car de très nombreux chantiers les attendent à savoir: l’application de l’article n° 225 avec l’évaluation par une tierce partie externe, la responsabilité élargie du producteur, l’accès aux droits fondamentaux, les nouvelles économies du numérique, le paiement pour droits écosystémiques rendus, la solidarité internationale, l’économie circulaire…

Plus que d’un aboutissement la COP 21 est un commencement, un rendez-vous cyclique qui permettra tous les 5 ans de faire un point sur l’avancement des actions prises par chaque pays  en fonction des enjeux jugés prioritaires.

Dans une première période, dite de diminution, seront identifiés les niveaux d’émissions à ne pas dépasser et le système de compensation à mettre en œuvre en cas de dépassement et dans un deuxième temps, celui de l’adaptation, seront mis en œuvre les nouveaux modèles économiques, environnementaux et sociétaux…

La rédaction Analyses Experts : Pouvez-vous nos préciser quels sont les chantiers prioritaires ?

Katiuscia Bellotti : Professionnels du DD tout secteur confondus après la COP21 vous pouvez vous en réjouir, vous n’allez pas chômer !
Un premier chantier concerne la transition numérique. En matière de numérique tout reste à faire notamment pour les TPE et PME, mais le changement ne saurait s’arrêter là. Si l’ubérisation du travail offre aujourd’hui d’énormes opportunités à ceux qui savent les saisir, elle pose par ailleurs de nombreuses questions en termes de modification des habitudes et conditions de travail dans tous les secteurs d’activité.

Vient ensuite le chantier de la transition énergétique. Réglementation thermique, certificats d’économie d’énergie, quotas carbones, réduction des charges fixes qui, quelles que soient les raisons qui poussent les professionnels à s’engager dans une démarche de sobriété énergétique, tout le monde s’y met.

Un troisième chantier concerne la transition sociétale. La question fondamentale est bien quel nouveau modèle de société souhaitons nous construire? Au delà d’une vision manichéiste du monde, les interprétations peuvent bien heureusement être différentes, serons nous capables de relever le défis de la tolérance, de la compréhension et du dialogue ?

Enfin il nous reste à trouver le nouveau modèle économique, mais pour quoi faire ?  Entre  croissance et  subsistance serons-nous capables de nous adapter ?

La rédaction Analyses Experts : Comment les professionnels du développement durable peuvent-ils procéder en pratique ? Existe-t-il des outils pour les aider dans ces mises en œuvre ?

Katiuscia Bellotti : Des outils existent aujourd’hui pour accompagner la mise en relation et les nouvelles coopérations entre entités jusque là trop séparées, comme par exemple, les services internes aux entreprises ou aux collectivités, les fournisseurs, les prestataires, les associations, les usagers… Parmi ces outils, la méthode PAT-Miroir se démarque par sa capacité à créer ou renforcer de façon participative, une base d’intérêt et de valeurs communs entre les parties d’une même problématique. Elle permet en quelques jours de travail d’élaborer un plan d’actions très concrètes pour atteindre les objectifs communs.

D’ autres outils plus orientés sur les aspects économiques comme par exemple le « triple bottom line » ou les analyses en coût global permettent d’intégrer les engagements environnementaux et sociétaux pris par les organisations dans une logique de performance globale de l’entreprise.

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