Qualité de l’air intérieur des bâtiments : quelles évolutions récentes ?

Docteur Fabien Squinazi
Consultant expert, Ancien directeur du LHVP
Animateur EFE de la formation « Maîtriser la qualité de l’air intérieur », 16 et 17 décembre 2015 à Paris

La Rédaction Analyses Experts : Pouvez-vous nous rappeler les enjeux sur la santé de la qualité de l’air intérieur dans les bâtiments ?
Docteur Fabien Squinazi
 : Les enjeux sanitaires de la pollution intérieure sont nombreux, de nature et de gravité variables : de simples nuisances, mais qui ont un impact sur l’absentéisme et la productivité, jusqu’à des maladies allergiques, infectieuses ou des intoxications, et des risques à plus ou moins long terme, respiratoires, cardio-vasculaires, tumoraux ou neurologiques. La pollution de l’air est aujourd’hui reconnue comme le principal risque environnemental pour la santé dans le monde. Selon l’OMS, la pollution intérieure serait responsable de 4,3 millions de décès annuels.

La Rédaction Analyses Experts : Quelles évolutions récentes en matière d’identification des polluants et de leurs effets ?
Docteur Fabien Squinazi
 : Une étude récente de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur a révélé, dans les poussières et sur les particules en suspension dans l’air des logements (plus d’un logement sur deux), la présence de substances chimiques semi-volatiles, notamment des phtalates, des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des insecticides (perméthrine) et le bis-phénol A. Ces substances, qui entrent dans la composition de matériaux et de produits de grande consommation, sont connues pour leurs effets sur les systèmes nerveux, immunitaire et hormonal (perturbateurs endocriniens).

La Rédaction Analyses Experts : Qu’en est-il des obligations de surveillance et quelles conséquences pour les acteurs concernés ?
Docteur Fabien Squinazi
 : L’association HQE recommande la prise en compte de la qualité de l’air intérieur tout au long de la construction ou de la rénovation d’un bâtiment. Elle propose de l’évaluer à la réception du bâtiment, selon 7 paramètres d’origines extérieure et intérieure, en comparaison à des valeurs sanitaires. Concernant les établissements recevant du public, la réglementation demande d’inventorier et de maîtriser les sources de pollution, voire de mesurer certains paramètres. Cette base de surveillance serait très utile pour protéger la santé des occupants d’autres bâtiments (tertiaire, transports,…).