Bâtiments tertiaires performants : comment piloter un projet neuf ou rénovation lourde ?

Richard FRANCK
Gérant
BPRIM
Animateur EFE de la formation « Piloter un projet tertiaire neuf ou rénovation lourde très performant » les 20 et 21 juin  à Paris

La pression grandissante de la maîtrise des coûts énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre a mis en valeur le potentiel d’économies réalisables dans les bâtiments tertiaires existants. Les expériences récentes montrent néanmoins qu’afin d’assurer le succès d’une telle opération il est essentiel de cadrer et de piloter le projet avec comme objectifs : la qualité d’usage, des performances énergétiques et environnementales réelles et la maîtrise des investissements.

Découvrez l’interview de Richard Franck, Gérant au sein de BPRIM.

La rédaction Analyses Experts (RAE) : Dans le cadre de vos missions d’accompagnement, comment les maîtres d’ouvrages appréhendent-ils la performance énergétique de leurs bâtiments ?

Richard Franck (RF) : Je constate que le sujet de la performance énergétique intéresse d’autant plus le maître d’ouvrage qu’il lui permet de traiter simultanément les enjeux de confort et de qualité d’usage ; donc, selon la nature du projet, des enjeux d’attractivité du bien locatif, de qualité de vie ou de productivité des occupants pour les propriétaires occupants tertiaires. La recherche d’une réelle performance énergétique conduit naturellement les acteurs du projet à un mode de travail pluridisciplinaire plus favorable à une conception architecture-structure-systèmes davantage optimisée pour servir l’ensemble de ces enjeux et à coût d’investissement maîtrisé.

RAE – Quels enjeux et quels effets peut-on attendre du décret du 10 mai dernier relatif à l’amélioration de la performance énergétique dans les bâtiments tertiaires ?

RF – Les seuls efforts sur l’utilisation et les comportements des occupants ne suffiront pas à faire baisser les consommations de 25% sur tout un patrimoine et de façon pérenne. Des investissements seront nécessaires. Dès lors, tout l’exercice va consister à élaborer un plan d’investissement optimum qui maximise sa rentabilité sans obérer les possibilités de réduire ultérieurement les consommations au-delà de 25% dans des conditions technico-économiques acceptables (risque de « tuer le gisement »).

De mon point de vue, et pour ne pas tomber dans ce piège, il devient important là encore d’intégrer dans la réflexion les notions d’amélioration des conditions de confort et de qualité d’usage, voire d’amélioration de la valeur vénale ou locative du bien. La contrainte réglementaire doit pouvoir se transformer en opportunité et les calculs de rentabilité ne doivent pas se limiter aux seules économies d’énergie pour mettre au point et justifier un plan d’investissement.

RAE – Réglementation ou démarches volontaires, quels sont les points clés de la réussite d’un projet de construction ou de rénovation tertiaire performant ?

RF – Les réglementations, labels et autres constituent des garde-fous et des cadres de travail mais ne fournissent pas à eux seuls la garantie d’obtention d’un bâtiment satisfaisant en termes d’usages et de performances. Un bon programme ciblé et personnalisé aux enjeux du projet considéré est indispensable. Mais le maître d’ouvrage doit aussi attirer à lui les architectes et maîtres d’œuvre les plus compétents et motivés sur ces questions. Ces derniers recherchent justement des maîtres d’ouvrage chez qui ils sentent une envie de sortir des standards. Le maître d’ouvrage doit aussi s’informer et se rassurer sur la compatibilité entre performance, qualité d’usage et budget d’investissement, et se méfier des effets d’aubaine. En réalité, je pense que le maître d’ouvrage doit capitaliser un minimum de retours d’expériences sur ces questions de sorte à pouvoir dialoguer de façon équilibrée avec les différents acteurs du projet.

Pour en savoir plus, découvrez notre formation « Piloter un projet tertiaire neuf ou rénovation lourde très performant » les 20 et 21 juin  à Paris !

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